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Gestion locative

CE ou CSE : le bon terme depuis la réforme

CE ou CSE ? Le comité social et économique a remplacé le comité d'entreprise en 2020. Seuils, missions, budgets et bon usage du sigle expliqués.

Louis Hoang
CE ou CSE : le bon terme depuis la réforme

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  • Le bon terme est CSE (comité social et économique) : il a remplacé le comité d’entreprise dans toutes les entreprises privées au 1er janvier 2020.
  • Le CE n’existe plus juridiquement en France, sauf sous la forme du comité d’entreprise européen dans les groupes transnationaux.
  • Le CSE devient obligatoire dès 11 salariés atteints pendant 12 mois consécutifs ; ses budgets légaux apparaissent à partir de 50 salariés.
  • Dire « CE » à l’oral reste compris, mais un courrier, un procès-verbal ou un CV doit mentionner le CSE.

CE ou CSE ? Si vous hésitez entre les deux sigles, la réponse est simple : on parle aujourd’hui de CSE. Le comité d’entreprise a été fondu, avec les délégués du personnel et le CHSCT, dans une instance unique créée par l’ordonnance du 22 septembre 2017. Toutes les entreprises concernées devaient avoir basculé avant le 31 décembre 2019. Le vieux sigle survit pourtant dans les conversations, sur les sites de billetterie et dans les habitudes des salariés qui ont connu l’ancien système.

Comprendre la différence n’est pas qu’une affaire de vocabulaire. Le passage au CSE a modifié les seuils, les attributions et la façon dont les représentants du personnel travaillent. Voici ce qu’il faut savoir pour employer le bon mot et, surtout, savoir à quoi il renvoie concrètement dans votre entreprise.

Du comité d’entreprise au comité social et économique : la bascule de 2020

Le comité d’entreprise est né en 1945. Pendant plus de soixante-dix ans, il a coexisté avec deux autres institutions : les délégués du personnel, chargés des réclamations individuelles, et le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail. Cette architecture à trois étages était jugée lourde, surtout dans les PME où les mêmes personnes cumulaient souvent plusieurs mandats.

Les ordonnances travail de 2017 ont tranché en regroupant ces trois instances. La transition s’est faite au fil des élections professionnelles : chaque entreprise a mis en place son CSE à l’échéance des mandats en cours, avec une date butoir commune.

Date Étape
22 septembre 2017 Publication de l’ordonnance n° 2017-1386 créant le comité social et économique
1er janvier 2018 Entrée en vigueur : les nouvelles élections donnent lieu à un CSE
31 décembre 2019 Date limite de mise en place du CSE dans les entreprises soumises à l’obligation
1er janvier 2020 Fin des mandats de CE, DP et CHSCT encore en cours

Depuis cette date, un comité d’entreprise qui fonctionnerait encore sous son ancien nom n’a plus de base légale. Les élus doivent être ceux d’un CSE, désignés lors d’élections organisées selon les règles actuelles.

Trois anciennes instances réunies sous un même sigle

Le CSE reprend l’essentiel des missions de ses prédécesseurs, mais les exerce au sein d’un seul collège d’élus. On peut résumer l’héritage ainsi :

  • Des délégués du personnel, il conserve la présentation des réclamations individuelles et collectives sur les salaires, l’application du Code du travail et des accords.
  • Du comité d’entreprise, il garde l’information et la consultation sur la marche de l’entreprise, ainsi que la gestion des activités sociales et culturelles.
  • Du CHSCT, il hérite de la prévention des risques professionnels, des enquêtes après accident et du droit d’alerte en cas de danger grave et imminent.

Cette fusion a une conséquence pratique souvent oubliée : le nombre total d’élus et d’heures de délégation a globalement baissé par rapport à l’addition des trois anciennes instances. Les représentants doivent donc couvrir un champ plus large avec des moyens resserrés, ce qui explique le recours fréquent à des commissions internes.

Ce que le CSE fait réellement selon la taille de l’entreprise

Là où l’ancien CE n’existait qu’à partir de 50 salariés, le CSE descend jusqu’aux structures de 11 salariés. Mais un CSE de PME n’a pas grand-chose à voir avec celui d’un grand groupe. Le tableau ci-dessous donne les repères principaux.

Effectif Attributions principales Moyens prévus par la loi
De 11 à 49 salariés Réclamations des salariés, santé, sécurité et conditions de travail, droit d’alerte Pas de personnalité civile, pas de budget légal, réunion mensuelle avec l’employeur
De 50 à 299 salariés Consultations sur les orientations stratégiques, la situation économique et financière, la politique sociale ; gestion des activités sociales et culturelles Personnalité civile, budget de fonctionnement de 0,20 % de la masse salariale brute, contribution aux activités sociales et culturelles, réunion au moins tous les deux mois
300 salariés et plus Mêmes attributions, avec une commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT) obligatoire Réunion mensuelle ; budget de fonctionnement porté à 0,22 % à partir de 2 000 salariés

Le seuil de 11 salariés doit être atteint pendant douze mois consécutifs pour déclencher l’obligation d’organiser des élections. Si aucun candidat ne se présente, l’employeur dresse un procès-verbal de carence, qu’il affiche dans l’entreprise. Dans les petites structures, il n’existe donc souvent ni billetterie ni chèques-cadeaux : rien ne l’impose légalement, même si l’employeur peut décider d’en financer.

Pourquoi le sigle CE reste si présent dans le langage courant

Plusieurs raisons expliquent la persistance du vieux mot. D’abord l’habitude : des générations de salariés ont associé « le CE » aux colonies de vacances, aux places de cinéma à prix réduit et au colis de Noël. Ensuite le commerce : de nombreux prestataires continuent d’afficher des « tarifs CE » ou des « offres CE », parce que c’est ce que les gens tapent dans les moteurs de recherche. Enfin, certains documents internes, conventions collectives ou accords anciens n’ont jamais été réécrits et mentionnent toujours le comité d’entreprise.

Il existe aussi un usage parfaitement correct du sigle : le comité d’entreprise européen, parfois abrégé CEE, qui concerne les groupes employant au moins 1 000 salariés dans l’Union européenne et au moins 150 dans deux États membres. Il n’a pas été supprimé par la réforme française, car il relève d’une directive européenne.

Pour savoir quel terme employer, retenez une règle de contexte :

  • À l’oral, entre collègues, « le CE » passe sans difficulté, tout le monde comprend.
  • Dans un courrier à l’employeur, un procès-verbal, une convocation ou une demande d’information, seul « CSE » est exact.
  • Sur un CV ou un profil professionnel, préférez « membre élu du CSE », éventuellement complété par la commission dans laquelle vous avez siégé.
  • Pour rechercher une offre de loisirs, les deux sigles fonctionnent, mais « CSE » donne des résultats plus récents.

Avantages du comité et projets personnels : tirer parti de ce que l’instance apporte

Pour beaucoup de salariés, le CSE se résume à un catalogue de réductions. C’est réducteur. L’instance est aussi consultée sur la politique sociale, ce qui inclut la formation professionnelle, et elle intervient souvent dans la mise en place des dispositifs d’épargne salariale comme l’intéressement. Un salarié attentif aux informations qu’elle diffuse peut ainsi repérer un abondement sur un plan d’épargne, un accompagnement à la mobilité ou une aide au logement proposée par l’employeur.

Les élus, eux, bénéficient de jours de formation économique lors de leur premier mandat dans les entreprises de 50 salariés et plus. Ils y apprennent à lire un bilan, à interpréter un compte de résultat ou à comprendre une masse salariale. Beaucoup découvrent à cette occasion que ces compétences servent aussi dans leur vie privée, au moment de préparer un achat immobilier ou de choisir un placement. Cette logique d’apprentissage dépasse le cadre du mandat : se former à la finance personnelle avant d’engager son épargne, c’est une façon d’investir sur vous-même avec real invest ou par d’autres moyens, avant d’investir dans la pierre.

Les prestations du comité, chèques-vacances ou participation aux frais de garde, allègent aussi le budget du foyer. Une fois additionnées sur une année, elles représentent parfois une somme non négligeable, que certains choisissent de réorienter vers un apport personnel ou une épargne de précaution.

Les confusions qui reviennent autour du CSE

Même quand on a adopté le nouveau sigle, quelques erreurs persistent. La plus répandue concerne son intitulé : il s’agit du comité social et économique, et non du « comité social économique ». Autre méprise fréquente, assimiler la CSSCT à une instance autonome. Elle n’est qu’une commission du CSE, sans pouvoir de rendre elle-même un avis lors des consultations.

On confond aussi CSE central et CSE d’établissement. Dans une entreprise qui compte plusieurs établissements distincts, chacun dispose de son propre comité, tandis qu’un CSE central traite les questions qui dépassent le niveau local, comme les projets de restructuration à l’échelle de la société. Enfin, la durée des mandats surprend parfois : elle est de quatre ans par défaut, mais un accord peut la ramener à deux ou trois ans.

Le comité d’entreprise existe-t-il encore quelque part en France ?

Dans le secteur privé, non : il a été remplacé partout par le CSE. Seul le comité d’entreprise européen subsiste, dans les groupes de dimension communautaire. La fonction publique, de son côté, n’a jamais eu de CE ; elle dispose de ses propres instances de dialogue social.

Une entreprise de 15 salariés doit-elle organiser l’élection d’un CSE ?

Oui, dès lors que l’effectif d’au moins 11 salariés a été atteint pendant douze mois consécutifs. L’employeur doit informer le personnel et inviter les syndicats à négocier le protocole électoral. Le CSE ainsi élu n’a toutefois pas de budget légal à gérer.

Faut-il écrire « élu CE » ou « élu CSE » sur un CV ?

Pour un mandat exercé après 2019, la mention correcte est « élu CSE » ou « membre titulaire du CSE ». Pour une expérience antérieure, « élu au comité d’entreprise » reste exact, puisque c’était le nom de l’instance à l’époque.

Les avantages proposés par l’ancien CE ont-ils été conservés ?

Dans les entreprises de 50 salariés et plus, oui : le CSE gère les activités sociales et culturelles comme le faisait le comité d’entreprise. Le montant de la contribution patronale dépend d’un accord ; à défaut, son rapport à la masse salariale ne peut pas être inférieur à celui de l’année précédente.

Quelle différence entre le CSE et la CSSCT ?

Le CSE est l’instance représentative du personnel. La CSSCT est une commission créée en son sein, obligatoire à partir de 300 salariés, à laquelle il délègue tout ou partie de ses missions en santé et sécurité. Les consultations restent de la compétence du CSE lui-même.

L’auteur

Louis Hoang

Analyste rendements

Je modélise chaque opération avant qu'elle parte en financement. Mon travail consiste surtout à tordre les chiffres pour voir ce qu'ils donnent en cas de vacance ou de hausse des charges.

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